Préparation mentale

Nous avons l’habitude de travailler le corps, de régler finement notre matériel. Parfois, même nous pouvons aller jusqu’à échafauder des stratégies tactiques précises. Bien souvent, le travail de l’esprit est absent des plannings d’entraînement. Au risque du déséquilibre et de gâcher tout ce travail amont.

Le mental, ça se prépare, aussi !

Notre histoire, notre éducation, notre cadre de vie, nos valeurs, nos croyances, notre personnalité, façonnent une identité. Notre personnalité induit la façon dont nous sommes compétiteurs. Il me semble essentiel de connaître les facettes de son identité :

  • Sensible ou imperméable au stress…
  • Impacté par le regard des autres ou peu attentif aux commentaires…
  • Perfectionniste en délicatesse avec l’échec ou épicurien où seul le plaisir compte…
  • Optimiste ou Pessimiste, ne voyant que les risques et les dangers, de l’échec notamment…
  • Idéaliste pour qui l’égalité entre les hommes prime, ou compétiteur extrême où seul le premier a de la valeur…
  • Loyal au groupe ou encore individualiste…

Tous les sportifs sont différents, dans la représentation qu’ils se font du monde et dans leur approche de la compétition et du haut niveau. Si nous avons tous deux bras et deux jambes à muscler, nos motivations et les raisons de nos engagements sont uniques. La connaissance de soi est la clé. Identifier son socle motivationnel pour une fixation d’objectifs réfléchie est une étape indispensable.

Notre esprit peut se piloter en conscience par le travail, l’optimisation de nos modes de pensée, au profit de meilleurs comportements, d’une bonne acceptation de soi et in fine, d’une plus grande capacité à utiliser tout son potentiel, à chaque instant, et en particulier en compétition.

Se connaître et optimiser ses protocoles personnels est un long processus. Les athlètes qui durent au très haut niveau témoignent régulièrement de la difficulté de la tâche et de l’exigence de régularité dans la pratique. La préparation mentale permet de gagner du temps, de franchir plus rapidement des étapes, et peut être aussi, de tirer plus facilement les leçons des échecs. Elle peut aussi permettre de s’assurer d’être effectivement à l’endroit où l’on veut être, et ce dès le plus jeune âge.

Jeune sportif, on se nourrit fatalement plus de la comparaison et du regard des autres, des rencontres au cours de son parcours. Une approche sensible sur la gestion des émotions, sur l’ici et maintenant, sur la gestion de ses pensées notamment les négatives et sur la confiance en soi, peut énormément aider.

Les connaissances scientifiques en neurosciences ont énormément évolué dans les dernières années. Les bienfaits de la méditation sur les processus attentionnels, de la sophrologie et la respiration guidée, de l’hypnose, de la visualisation, de l’attitude et de la posture entre autres méthodes, sont démontrés par des études scientifiques et peuvent éclairer le sportif et influencer positivement son épanouissement personnel et donc sa performance sportive.

Les témoignages d’entraineurs, de sportifs expérimentés, ayant connus échecs et succès, sont également autant de retours d’expérience précieux sur le chemin vers l’excellence. Parmi ces accompagnateurs de champions, j’ai retenu deux approches, celle d’Aimé Jacquet et de Claude Onesta, que je désire appliquer.

Pour Aimé Jacquet, le chemin de la réussite passe par une

« remise en cause de tous les jours. Chaque entrainement est une progression, et provoque cette remise en cause. Rien n’est jamais le fruit du hasard, …,  c’est dans les moments difficiles que l’on avance le plus».

Aimé Jacquet, Sélectionneur de l’Équipe de France de Football, Champion du Monde en 1998

J’y vois l’idée de renforcer nos planifications d’entrainement en y intégrant le mental, chaque jour et chaque semaine, et de se positionner dans une logique d’évaluation continue. Dans cette logique là, pas d’échec, pas de jugement définitif, juste du progrès.

Pour Claude Onesta, le propre de la performance est d’essayer de comprendre les problèmes et de les résoudre en avançant. Il dit que s’il ne connaît pas les clés de la réussite par contre, les clés de l’échec sont de mieux en mieux identifiées.

«Commencer par s’éloigner de ce qui fait perdre, et petit à petit, en s’éloignant, on améliore son fonctionnement et on se donne l’opportunité de se rapprocher de ce qui fait gagner ».

Claude Onesta, Manager Général de la Haute Performance, Agence Nationale du Sport

Je place mon approche de la préparation mentale dans cette philosophie, basé sur le progrès continu, à tout âge. J’interviens auprès de sportif de l’INSEP, de pôles France, de pôles Espoir avec des jeunes dès l’âge de 10 ans, et également auprès de sportifs professionnels matures, ou indépendant.

Et si la réussite sportive, concrétisée par des médailles et des titres, n’est pas au rendez-vous dans le jeu de la concurrence et de la compétition avec les autres, il restera la santé, le bien-être et l’harmonie ! C’est en ce sens que je pilote mes accompagnements collectifs et individuels, en me mettant au service et au rythme des individus, considérant qu’ils sont les acteurs de leur changement, quelque fut leur degré de maturité et d’engagement.